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  • Q1 : le site de l’Association le Cercle et le Carré met en avant le Tàijíquán de style Yáng (楊氏太極拳), ainsi que l’école YMAA de Yáng Jwing-Ming (楊俊敏). Puisqu’il s’agit du même idéogramme (楊, Yáng) dans les deux cas, le style Yáng de Tàijíquán enseigné par la YMAA n’est-il, en fait, que le style propre à Maître Yáng ? Ce style n’est-il que sa propre création ?

Et bien non !

Mais pour expliquer pouquoi, commençons par revenir sur la signification du caractère 楊 (yáng). Il désigne un arbre : le peuplier. La plupart des noms de familles chinois ont été choisis en fonction d’éléments naturels et le patronyme 楊 (Yáng) ne fait pas exception. Il est vrai que ce qui “peut plier” est toujours un bel avantage pour la pratique du Tàijíquán… 

En chinois, il y a en fait relativement peu de noms de famille différents (un héritage des clans) malgré la forte population et il n’est pas rare que l’essentiel des personnes d’un village portent tous le même nom de famille (c’était le cas, par exemple, du village de naissance de Maître Yáng, qui s’appelait tout naturellement “village Yáng” !). Tout comme en Français quand on parle des Martin, Durand ou Dupont, ils ne sont pas nécessairement tous des parents directs. Le nom “Yáng” est simplement très courant, tout comme le sont les patronymes Lǐ (李) ou Liú (劉) en chinois, ou encore Smith ou Johnson en anglais.

Le style pratiqué par Yáng Jwing-Ming (楊俊敏) est directement issu du style martial de la célèbre famille Yáng de Tàijíquán (voir la lignée de transmission jusqu’à Maître Yáng). Le mot clé à bien comprendre est “martial” : cet art doit nous aider à survivre sur un champ de bataille, ce qui est donc loin d’une simple “promenade de santé” ! Si les pratiques lentes sont essentielles pour former le corps et la circulation énergétique du débutant (ce qui est excellent pour sa santé, son équilibre et ses articulations), on ne s’arrêtera cependant pas, en Art Martial, à cette seule “forme de santé” ! En effet, la perspective de survivre à un combat nécessite bien plus de qualités : être souple/flexible, rapide/mobile, endurant/efficient dans ses mouvements. La “forme martiale” est ainsi bien plus exigeante que la forme de santé… mais ses bienfaits sont également nettement supérieurs et plus profonds pour la santé ! Bref, même si l’aspect martial du Tàijíquán n’est pas ce qui vous intéresse le plus et que vous souhaitez privilégier le maintien et l’amélioration de votre santé, il sera cependant encore plus bénéfique de pratiquer la forme martiale (justement celle issue du fondateur du style Yáng et celle enseignée par l’école crée par Maître Yáng, la YMAA)… que la “forme de santé” qui a été souvent très allégée et simplifiée, ce qui en facilite cependant l’accès aux tout débutants. Le style de Tàijíquán enseigné par la YMAA est un style martial, classique et traditionnel, cherchant à préserver les racines de l’art, sans ajout de la moindre fioriture moderne et en cherchant toujours à remonter au plus près de la source.

Tout ce qui est profond nécessite un investissement réel en temps et en énergie, c’est d’ailleurs cela que l’on nomme Kungfu (功夫, gōngfu). Les résultats sont à la hauteur du sérieux de votre investissement, si l’on vous guide correctement sur la voie. Alors, graduellement, les aspects purement physiques et mécaniques s’estompent pour laisser la place au fait de se cultiver soi-même, c’est-à-dire faire place au développement spirituel de votre être, qui est bien au-delà d’un apprentissage de la relaxation dans le mouvement, mais qui commence bien par la relaxation dans le mouvement.