Reiki : des bases scientifiques et/ou spirituelles ?

Le fait de poser ses mains sur quelqu’un a-t-il un effet démontré et, si oui, lequel ? Comment cela fonctionne-t-il ? Nous allons ici vous apporter quelques éléments de réponses, mais les connaissances en la matière sont loin d’être définitives

Le Reiki vs. les Reiki

Ce que l’on peut dire d’emblée, c’est que le fait de poser ses mains sur quelqu’un, vu sous l’angle de la seule mécanique, consiste donc à exercer une pression légère et fixe, ce qui n’a aucune raison mécanique d’affecter la détente et le bien être d’une personne, puisqu’il n’y pas, à première vue, d’action réflexe.

Du point de vue du Reiki (littéralement “énergie spirituelle“), nous n’agissons justement pas sur la matière mais sur l’Esprit qui, se détendant et s’ouvrant, détend le corps et procure un bien-être, voire un mieux être. C’est en ce sens que l’on parle de thérapie spirituelle, de soin Reiki (cad simplement prendre soin des gens, mais pas dans le sens de provoquer une guérison physiquement) ou, de façon plus moderne de “relaxation sur table“. Le Reiki fonctionne-t-il ? A-t-il des bases scientifiques et/ou spirituelles ? Y a-t-il des différences entre les “styles de Reiki” et proposent-ils la même chose ? La réponse à cette dernière question est non : voir Les grands courants du Reiki aujourd’hui.

Comme tout ce qui n’est pas fondé sur de la causalité mécanique et matérielle, il est de ce fait chose peu aisée que de prouver au sceptique, et selon les canons de la science moderne, que le Reiki a des effets non seulement réels, mais, qui plus est, mesurables empiriquement.

Pour que la preuve soit considérée comme valable dans les milieux scientifiques, il faut disposer de recherches répondant à une méthodologie rigoureuse et bien précise (pas un petit échantillon de 20-40 personnes… enfin si l’on veut être crédible scientifiquement plutôt que de façon marketing), afin de pouvoir être concluante dans ses résultats ; cette recherche doit avoir été publiée dans l’un des journaux académiques et scientifiques du champ médical (un document public, disponible pour tous, si l’on veut être scientifique… pas une étude privée, dont on garderait les détails sous le manteau, ne permettant ainsi aucune vérification méthodologique, ni une discussion sérieuse et argumentée de l’interprétation ou des interprétations possibles des résultats de l’étude).

Pour plus de littérature scientifique spécialisée sur le Reiki et une belle diversité de sujets (près de 270 articles publiés entre 1985 et 2020), consultez https://www.reiki.group/science.

On trouvera ci-dessous quelques articles de recherche scientifiques significatifs sur les effets constatés cliniquement, notamment du Reiki :

  • BASSETT C. A. L. (1995), “Bioelectromagnetics in the Service of Medicine”, Chapter 14, pp. 261-275, in BLANK M. ed. (1995), Electromagnetic Fields, Advances in Chemistry, Vol. 250, American Chemical Society; DOI: 10.1021/ba-1995-0250.ch014 => Les Champs Électro-Magnétiques Pulsés (CEMP) permettent de traiter les maladies ou les blessures des os de façon non invasive, mais seulement à l’aide d’une gamme de fréquence extrêmement basse. Ceci pourrait être l’un des principes selon lesquels le Reiki produit ses effets, d’après OSCHMAN (2016, p. 271 ; voir la référence de cet ouvrage ci-dessous) : chaque être humain possède un CEMP (s’il est vivant) et le fait de poser ses mains sur quelqu’un vient faire interférer notre CEMP avec le CEMP de la personne. C’est ainsi que l’on “transmettrait du Reiki”.
  • MACKAY N., HANSEN S., MCFARLANE O. (2004), ” Autonomic Nervous System Changes During Reiki Treatment: A Preliminary Study”, The Journal Of Alternative And Complementary Medicine, Volume 10, Number 6, pp. 1077–1081. => Cet article démontre cliniquement l’impact du Reiki sur le Système Nerveux Autonome (notamment sur le rythme cardiaque, la systolique, la diastolique et la pression sanguine moyenne). Il est donc bien connu scientifiquement depuis 2004 que le Reiki a, a minima, un effet relaxant ou apaisant, notamment sur le cœur.
  • CATLIN A., TAYLOR-FORD R.L. (2011), “Investigation of standard care versus sham Reiki placebo versus actual Reiki therapy to enhance comfort and well-being in a chemotherapy infusion center”, Oncol. Nurs Forum, 38 (3):E212-20; doi: 10.1188/11.ONF.E212-E220. => Cet article démontre cliniquement que le fait de poser les mains sur les patients (cf. des séances de Reiki) améliorent le bien-être de patients en chimiothérapie.

À la question précédente “le Reiki fonctionne-t-il ?“, nous pouvons donc répondre franchement OUI pour tout ce qui est des effets détente, relaxation et apaisement. D’ailleurs si vous aviez le moindre doute, venez essayer un véritable soin Reiki, ce qui vous permettra de l’expérimenter dans votre propre corps et ainsi d’avoir un avis “de première main”, plutôt que de rester sur des a priori et des on-dits. Vous pourrez alors valablement vous forger votre propre opinion, de façon réellement informée et testée.

Vous trouverez ci-dessous des ouvrages généralistes écrits par un chercheur et un médecin sur les thérapies énergétiques :

  • OSCHMAN J. L. (2000; 2016), Energy Medicine: The Scientific Basis, Churchill Livingstone, 2nd Edition. Un ouvrage sérieux écrit par un docteur en biophysique, et qui fait le point sur l’état des recherches scientifiques modernes dans le cadre des “médecines énergétiques.
  • BODIN L. (2013), Manuel de soins énergétiques : Soigner sans appareil et sans médicament, Guy Trédaniel. => un ouvrage complet écrit par un médecin diplômé en cancérologie clinique.
  • BODIN L. (2018), La médecine spirituelle : Pour une guérison complète et globale du corps, de l’esprit et de l’âme. Pour comprendre et éviter la maladie.

Pour un scepticisme raisonné et rationnel, c’est-à-dire sans excès ni dans un sens, ni dans l’autre…

Il est important de rappeler à nouveau que nous ne souhaitons pas employer l’expression “médecine énergétique“, parce qu’elle dépasse complètement le cadre du Reiki : le Reiki n’est pas de la médecine occidentale et n’a pas de prétention médicale… Passons en revue les 4 arguments classiques des sceptiques quant aux thérapies énergétiques

* “Les thérapies énergétiques ne sont pas de la médecine répondant de façon avérée aux canons de la médecine et de la science occidentale.”

C’est tout à fait vrai et il est normal de le souligner.

Ce qui l’est moins, c’est de balayer d’un revers de main les références scientifiques citées ci-dessus, en disant qu’elles ne prouvent rien. C’est certes un excès symétrique de ceux qui promeuvent des croyances magiques à outrance, mais ça n’est pas digne d’un bon scientifique, qui se doit évidemment de ne pas tomber dans les mêmes travers que ceux qu’il dénonce.

À la décharge des ultra-sceptiques, il est vrai qu’il y a eu trop de personnes à avoir affiché des prétentions “scientifiques” rocambolesques sur le sujet… et qui ont été clairement démenties par la suite. Il faut savoir faire preuve d’un esprit authentiquement critique. C’est d’ailleurs le principe même de la recherche scientifique que d’être un questionnement constant fondé sur des conjectures et des réfutations, comme dirait Karl Popper.

Le dogmatisme et l’idéologie n’ont pas leur place dans le débat scientifique, quel que soit le sujet, et que l’on soit pour ou contre la thèse défendue. C’est justement ce qui fait la valeur de la science. Cependant, la science occidentale ne sait pas tout, et le fait que l’on continue (et que l’on continuera) de chercher est un aveu de fait de l’immensité de ce qu’il nous reste à découvrir. Le bon scientifique est humble quant à ses résultats et les résultats scientifiques sur le Reiki poussent à l’humilité : on peut promettre détente et bien-être, rien de plus.

* “Puisque les effets ne sont pas prouvés scientifiquement aujourd’hui, c’est que ces traitements sont faux. Le Reiki est une pseudoscience

Ceci est une faute logique (sophisme) : ce qui n’est pas encore prouvé ne peut effectivement pas encore être considéré comme légitime, mais il ne peut certainement pas être considéré comme faux… pas plus que vrai, a priori (on est dans une situation d’incertitude) ; il faudra plus de recherches sérieuses pour prétendre pouvoir conclure.

Si cet argument était valable, la mécanique quantique aurait été considérée comme “fausse” il y a deux siècles : il a fallu un long combat scientifique pour en démontrer les fondements et de grands scientifiques honnêtes comme Einstein pensaient (sincèrement, mais idéologiquement) qu’elle ne pouvait pas être vraie… “et pourtant elle tourne”, comme dirait Galilée. Le même argument vaut pour la médecine occidentale moderne, qui aurait tout autant été considéré comme “fausse” il y a 200 ans, tant notre façon de voire les choses et le monde a changé…

La science normale (instituée), comme dirait Kuhn, a tendance à l’arrogance et au mépris (cf. Galilée et bien d’autres chercheurs plus récents dans l’histoire des sciences). Si l’on ne peut que mépriser les charlatans et les “scientifiques” qui font des fraudes à la publication (même dans des revues prestigieuses comme Nature), on ne peut que mépriser ceux qui se contentent d’affirmer qu’une théorie, dont on ignore la validité, est à écarter sous l’unique prétexte qu’elle est le fait d’une minorité de personne : toute théorie a bien évidemment commencé comme cela et la science et la recherche de la vérité ne fonctionne pas sur le “principe démocratique du vote à la majorité”. On ne peut rejeter une théorie que s’il y a des preuves réelles qu’elle est fausse (réfutation), pas si l’on n’a pas encore assez de preuves que cette théorie est juste ; toutefois, on se gardera bien symétriquement d’affirmer qu’elle l’est puisque… l’on n’en a pas la preuve. À l’heure du marketing et de l’idéologie largement reliée par les médias, les réseaux sociaux et Internet, ça n’est pas parce que “bon nombre de personnes pensent que ou croient que”… que cela est vrai (cf. toutes les problématiques usuelles de propagande, désinformation, manipulation intéressée, sensationnalisme et autres “fake news“).

Les articles ci-dessus montrent que le Reiki a des effets cliniquement observables et significatifs statistiquement… ce qui invalide logiquement le cliché énoncé en tête de paragraphe. Cependant les effets cliniques démontrés sont simples et humbles : détente et bien-être, rien de plus. C’est d’ailleurs aussi la raison pour laquelle le Reiki n’est pas une pseudoscience : le Reiki n’a pas la moindre prétention d’être une science (sauf à prendre le mot dans son acception ancienne de “connaissance“, ici de connaissance spirituelle). Le Reiki est une discipline spirituelle, ni matérielle, ni médicale. Accuser quelqu’un pour quelque chose qu’il n’a pas dit est une forme classique de diabolisation utilisé dans tous les “procès en sorcellerie”. Essayez donc de trouver de nombreux praticiens de Reiki qui vous disent que “le Reiki est une science”… vous risquez de chercher longtemps avant de dépasser 1% de la population des praticiens de Reiki !

* “Ils contribuent même parfois à une mort prématurée en convainquant les patients que les traitements basés sur la science qui sauvent des vies ne sont pas nécessaires

C’est l’argument le plus sensible et le plus dangereux… et dans les deux sens. Tant dans le sens des “pour“, que dans le sens des “contre“. Cet énoncé cache de nombreux amalgames notamment quant aux objectifs des traitements et à la fiabilité des traitements : sauver des vies (ça marche toujours, tout le temps et partout ou… pas toujours ? Est-ce l’objectif affiché en Reiki ?), traitement fondé sur la science (donc légitime ou… efficace ?).

Dans le clan des ultra-sceptiques, il est bon de se souvenir que la médecine traite de la vie et de la mort : elle est censée aider la vie, mais parfois elle cause la mort en essayant de bien faire, à cause justement des théories admises. Il est malheureusement illusoire de croire que “tous les traitements médicaux basés sur la science sauvent la vie à 100%” (même si tout le monde aimerait bien évidemment que ce soit le cas) : la médecine occidentale est loin d’être toute puissante face à la maladie… et comme elle ne le sait que trop bien, elle continue justement à chercher et n’a de cesse de faire évoluer ses pratiques.

La plupart des médecins avoueront d’ailleurs sans aucun problème qu’il est un certain nombre de cas face auxquels la médecine occidentale est impuissante. Retenons donc que non, le traitement de médecine occidentale, fondé sur la science, ne garantie pas que la vie du patient sera sauvé. Les médecins ne le savent que trop bien et les carabins ont même forgé cette vieille blague ironique qui circule depuis des décennies : “opération réussi, patient décédé“…

Rappelons aussi que tout traitement expérimental est fondé sur des hypothèses scientifiques, mais ne saurait affirmer avec certitude qu’il va sauver la vie du patient. Compte tenu des possibles effets secondaires, et des risques de complications encourus, il n’est pas toujours irrationnel de refuser certains traitement ; il n’est d’ailleurs qu’à regarder les statistiques de patients refusant certains traitement et qui appartiennent en bonne proportion… au corps médical lui-même ! Tout traitement expérimental, bien que basé sur la science, peut conduire à une mort prématurée… tout comme d’ailleurs certaines opérations, qui seront dans certains cas déconseillées.

Certains vont plus loin et argumentent même que la médecine n’est pas une science, puisque elle est une pratique dont on ne peut jamais contrôler toutes les variables, contrairement à la physique moderne. Les études statistiques permettent de donner un certains de degré de connaissance utile, mais corrélation ne vaut pas causalité et c’est malheureusement là leurs limites : l’objectivité s’arrête au moment où l’on va devoir interpréter les résultats statistiques… L’interprétation est subjective, c’est justement pour cela qu’il y a un contrôle par les pairs dans toutes les revues scientifiques, afin de limiter les biais de subjectivité individuelle grâce à l’intersubjectivité collective (c’est ainsi qu’un récent article de la célèbre revue The Lancet, sur les prétendus mérites et dangers de certains traitement du Covid-19, a été rétracté en juin 2020). On sait bien en médecine que les résultats ne sont pas exactement répétables (ça ne sera jamais avec les mêmes patients, et, si les pathologies des patients participant à l’étude sont proches, elles ne sont toutefois pas rigoureusement identiques), c’est bien là la raison pour laquelle on essaye de trouver des éléments de preuve au niveau statistique, afin de limiter les biais de contingence. Les traitements de médecine occidentale ne fonctionnent que rarement à 100%, mais ils fonctionnent toutefois dans un très grand nombre de cas : c’est tout l’intérêt des traitements fondés sur une connaissance rigoureuse et donc fiable, ce qui est justement l’ambition de la connaissance scientifique.

Est-ce à dire qu’il ne faut pas suivre les recommandations de la médecine occidentale et les traitements éprouvés ? Certainement pas !!! La médecine sauve des vies et il est hors de question de priver des personnes malades d’une chance de guérison. La médecine occidentale sauve des vies et fait du mieux qu’elle peut, le Reiki n’entend guère s’y substituer, puisqu’il n’agit pas sur le même plan (plan spirituel). Il y a des charlatans, comme il en existe dans toutes les professions, qui prétendent le contraire, mais ils sont sans doute ultra-minoritaires (je n’en ai jamais rencontré de pratiquants de Reiki agissant dans le sens de la substitution au soins de la médecine occidentale ; les seules personnes que j’ai entendu agiter ces arguments de peur étaient celles qui voulait utiliser cette émotion négative pour vendre leurs propres services en essayant de jeter le discrédit sur leur “concurrents”… comme s’il pouvait y avoir de la concurrence sur le plan spirituel : c’est navrant et désolant). Faire comme si tout le Reiki (en fait, tous ceux qui pratiquent le Reiki) avaient une volonté de substitution à la médecine occidentale est une façon de faire malhonnête intellectuellement : elle revient à conclure que parce qu’il existe quelques escrocs qui détournent cette pratique spirituelle, tous sont des escrocs et que la pratique est une escroquerie. L’argument est parfaitement irrationnel et procède d’un abus grave de généralisation. Il serait tout aussi abusif de conclure de l’existence de fraudes scientifiques que tous les scientifiques sont des fraudeurs, non ? Et de l’existence de médecins charlatans que la médecine occidentale ne vaut rien…

En outre, le même argument consistant à “ne pas priver les personnes malades d’une chance de guérison” joue également en faveur des thérapies spirituelles comme le Reiki : pourquoi vouloir les priver d’un soin Reiki (relaxation sur table), alors que cela améliore leur bien-être et leur détente ? Bref, pourquoi vouloir les priver du bien qu’on leur fait de façon simple en prenant soin d’eux ? Le Reiki prétend contribuer à la guérison spirituelle, mais n’a aucune prétention quant à la guérison physique. Toutefois, il est connu que si l’esprit va mieux, cela peut avoir un impact sur le corps. Le Reiki Usui propose ainsi “d’améliorer le corps et le cœur” (Shin Shin Kaizen) par un soin spirituel relaxant (Reiki Ryōhō), mais bien fou serait celui qui promettrait la guérison d’une maladie de cette façon, même si cela peut évidemment y contribuer.

La caricature qui consiste à effrayer les gens d’une mort prématurée s’il y avait substitution entre le Reiki et des traitements de médecine occidentale est peu fondée. Elle sert à décrédibiliser le Reiki en lui dénuant la moindre utilité, voire en le faisant passer pour dangereux… sans démontrer jamais que c’est le cas et que c’est bien le Reiki qui est en cause. C’est un mécanisme typique des procès en sorcelleriequi veut tuer son chien l’accuse de la rage… Dès lors, l’on n’est plus du tout dans le débat scientifique, mais dans un combat politique où ce n’est plus la raison qui prime, mais la rhétorique. Tout bon scientifique se gardera de tomber dans de tels travers diffamatoires et insultants, et qui témoignent d’une bien piètre éthique. Ce n’est pas le Reiki qui est dangereux, mais les escrocs et charlatans qui en font mauvais usage… au détriment du plus grand nombre des praticiens de Reiki, tout comme les marketing fumeux qui abusent du terme “scientifique” pour légitimer des choses qui ne sont absolument pas scientifiques (c’est-à-dire le fruit d’un processus long et rigoureux), à des fins de vendre leur soupe rapidement à plus grande échelle et plus cher…

* “Le Reiki, ça ne marche pas, ça n’est que de l’effet placebo ; c’est un rituel placebo superflus (comme l’acupuncture, etc.)”

Toute personne un tant soit peu logique conviendra aisément que s’il y a de l’effet placebo, c’est donc qu’il y a bien… de l’effet ! Et s’il y a de l’effet (qu’il n’y a pas sans…), c’est donc bien que ça marche (ok, pas forcément de façon scientifiquement bien comprise…).

Alors pourquoi cette critique surprenante ? Toujours à cause de l’hypothèse erronée, mais érigée en dogme, que le Reiki chercherait à se substituer à un traitement médical et viendrait de ce fait enfreindre le monopole légal de la médecine occidentale. De cette manière, on est sûr de pouvoir faire passer le Reiki pour ce qu’il n’est pas, de se donner une belle opportunité de le critiquer à bon compte et superficiellement, sans prendre le risque de devoir argumenter plus sérieusement, puisqu’on l’a disqualifié d’office… Cela rappelle des méthodes de communications totalitaires et manichéennes disant : “nous ou le chaos bolchevique”… “Nous ou le Reiki”. Pourtant, science et Reiki ne s’opposent guère, normalement : le fondateur du Reiki Usui, Mikao Usui, affirmait justement que la science ne comprenait pas encore le Reiki, mais qu’un jour elle y arriverait sans doute. Le Reiki authentique issu de Mikao Usui est ouvert et le restera toujours, notamment vis-à-vis des avancées scientifiques.

Pour comprendre la rhétorique pernicieuse à l’oeuvre, il faut revenir sur la nature réelle de l’effet placebo. On consultera avec profit le joli travail rigoureux réalisé par Jean-Jacques Aulas sur l’histoire et la définition du Placebo.

On y apprend que sa première définition fut, apparemment, selon le New Medical Dictionary de J. Fox en 1803 : « Placebo, je plairai ; un épithète donné à tout remède prescrit plus pour faire plaisir au patient que pour lui être utile » ; si ça fait plaisir et que ça ne fait pas de mal, pourquoi pas ! Cependant le terme sera complètement ignoré en France jusqu’en 1958, ce qui, selon les mots d’Aulas, “souligne le peu d’intérêt que lui a accordé la médecine académique française“. Le placebo est ainsi considéré comme inessentiel et n’agissant que sur l’humeur de façon plaisante, ce qui en fait donc une forme de complaisance. La grande surprise restant que cette action inessentielle a des effets bien réels, mais variables… “À titre d’exemples, l’effet placebo est nul dans les septicémies et peut atteindre 80 % dans la douleur de l’ulcère duodénal” nous dit Aunas. On comprend alors un peu mieux la définition du Placebo donnée par Wikipedia : “un procédé thérapeutique n’ayant pas d’efficacité propre ou spécifique mais agissant sur le patient par des mécanismes psychologique et physiologiques“. Le principe est donc simple : il n’agit pas de façon mécanique sur le corps du patient (comme par exemple le médicament qui agit de façon chimique), mais de façon psychologique sur le mental ou l’esprit du patient (on y inclut les aspects émotionnels et affectifs, dont les aspects relationnels et sociaux de la relation de soin)… et le patient va finalement mieux ! Du coup, “ça lui plait”, mais ça n’est plus du tout sans raison, puisque sa situation s’est améliorée subjectivement et même, dans nombre de cas, objectivement…

Le paradoxe du Placebo est bien qu’il marche et il représente donc la puissance bien réelle des aspects psychologiques à dépasser des causes purement mécaniques ; il est donc d’autant plus important en cas de dérèglement physiologique (notamment la douleur), mais pas en cas de lésion organique ou anatomique (cf. la septicémie). Notons qu’il existe également un résultat contraire, où notre pensée aggrave nos problèmes physiques : on parle d’effet nocebo. Avec un brin d’humour, on pourrait ironiser et attribuer le manque de résultat mesurables empiriquement des thérapies énergétiques à cet effet nocebo, en raison de la défiance farouche et a priori que les vulgarisateurs de la science affichent à leur endroit et qui vient “contaminer” les patients par leur ultra-scepticisme et… leur faire finalement du mal, puisque le psychologique influe bel et bien sur le somatique.

Wikipedia affirme ensuite platement : “Une diminution de symptômes après traitement par placebo pourrait aussi s’expliquer par une guérison spontanée ou une régression naturelle de la maladie“. Bref, un effet sans cause. Cela rappelle les vertus dormitives de l’opium du Malade imaginaire de Molière : cette phrase n’explique absolument rien ! Il y a guérison, mais comme elle est “spontanée” ou que la régression est “naturelle”, elle ne compterait pas. C’est une autre façon de dire que l’on ne veut pas tenir compte des aspects psycho-affectifs (difficilement quantifiables), et que seuls comptent les aspects matériels et mécaniques (aisément quantifiables). Le problème sous-jacent est simple : l’esprit agit sur la matière via la physiologie (principe “spirituel”) au lieu que la matière n’agisse seule sur l’esprit (principe “matériel”), comme le voudrait le réductionnisme. L’action est donc bien dans les deux sens et, pour citer la conclusion d’Aulas, nous sommes à “l’articulation même du somatique et du psychique“, la question étant donc bien celle des liens entre le Corps et l’Esprit. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce lien n’est pas du tout considéré par les recherches médicales actuelles comme étant d’une importance cruciale, au contraire des approches spirituelles qui s’en préoccupent depuis des millénaires.

Nous pouvons enfin traiter le dernier point : il est vrai que l’on n’a pas démontré matériellement que le Reiki faisait mieux que le placebo… Quelle surprise, puisque l’un et l’autre agissent sur l’Esprit ! Il est vrai que le Reiki qui a été étudié dans les études quantitatives est très usuellement l’une des formes New Age du Reiki et qu’elle n’a pas montré de supériorité nette comparée à simplement s’occuper de façon bienveillante d’un patient, ce que l’on sait apparemment peu faire de nos jours malheureusement. Rappelons une dernière fois que le Reiki n’a pas vocation à se substituer à un traitement médical et qu’il n’entend pas s’y substituer, d’autant que l’on ne fait pas de diagnostic en Reiki. La vraie critique est de savoir ce qui marche vraiment : transmettre de l’Amour aux gens, tout simplement. Et ça ça marche, et ça n’a vraiment rien de superflu… Comment ça, vous ne savez pas transmettre de l’Amour de façon anatomique, si ce n’est atomique ? L’une des clés réside évidemment dans la relation, mais aussi sans doute dans l’interférence entre deux Champs Électro-Magnétiques Pulsés (CEMP, voir plus haut) et comment un CEMP aide à réguler l’autre… et donc améliore sa physiologie. En tout cas, la recherche sérieuse sur les effets réels ou supposés du Reiki reste toujours balbutiante.