Reiki : des bases scientifiques et/ou spirituelles ?

Le fait de poser ses mains sur quelqu’un a-t-il un effet démontré et, si oui, lequel ? Comment cela fonctionne-t-il ? Nous allons ici vous apporter quelques éléments de réponses, mais les connaissances en la matière sont loin d’être définitives

Le Reiki vs. les Reiki

Ce que l’on peut dire d’emblée, c’est que le fait de poser ses mains sur quelqu’un, vu sous l’angle de la seule mécanique, consiste donc à exercer une pression légère et fixe, ce qui n’a aucune raison mécanique d’affecter la détente et le bien être d’une personne, puisqu’il n’y pas, à première vue, d’action réflexe. Du point de vue du Reiki (littéralement “énergie spirituelle“), nous n’agissons justement pas sur la matière mais sur l’esprit qui, se détendant et s’ouvrant, détend le corps et procure un bien-être, voire un mieux être. C’est en ce sens que l’on parle de thérapie spirituelle, de soin Reiki (prendre soin des gens, pas dans le sens de les guérir physiquement) ou, de façon plus moderne de “relaxation sur table”. Le Reiki fonctionne-t-il ? A-t-il des bases scientifiques et/ou spirituelles ? Y a-t-il des différences entre les “styles de Reiki”, proposent-ils la même chose ? La réponse est non : voir Les grands courants du Reiki aujourd’hui.

Comme tout ce qui n’est pas fondé sur de la causalité mécanique et matérielle, il est de ce fait chose peu aisée que de prouver au sceptique, et selon les canons de la science moderne, que le Reiki a des effets non seulement réels, mais, qui plus est, mesurables empiriquement.

Pour que la preuve soit considérée comme valable dans les milieux scientifiques, il faut disposer de recherches répondant à une méthodologie rigoureuse et bien précise (pas un petit échantillon de 20-40 personnes… si l’on veut être crédible), afin de pouvoir être concluante dans ses résultats ; cette recherche doit avoir été publiée dans l’un des journaux académiques et scientifiques du champ médical (un document public, disponible pour tous, si l’on veut être scientifique… pas une étude privée, dont on garderait les détails sous le manteau, ne permettant ainsi aucune vérification méthodologique, ainsi qu’une discussion de l’interprétation des résultats de l’étude).

On trouvera ci-dessous quelques articles de recherche scientifiques significatifs sur les effets constatés cliniquement, notamment du Reiki :

  • BASSETT C. A. L. (1995), “Bioelectromagnetics in the Service of Medicine”, Chapter 14, pp 261-275 in BLANK M. ed. (1995), Electromagnetic Fields, Advances in Chemistry, Vol. 250, American Chemical Society; DOI: 10.1021/ba-1995-0250.ch014 => Les Champs Électro-Magnétiques Pulsés (CEMP) permettent de traiter les maladies ou les blessures des os de façon non invasive, mais seulement à l’aide d’une gamme de fréquence extrêmement basse. Ceci pourrait être l’un des principes selon lesquels le Reiki produit ses effets, d’après OSCHMAN (2016, p. 271 ; voir la référence de cet ouvrage ci-dessous) : chaque être humain possède un CEMP (s’il est vivant) et le fait de poser ses mains sur quelqu’un vient faire interférer notre CEMP avec le CEMP de la personne.
  • MACKAY N., HANSEN S., MCFARLANE O. (2004), ” Autonomic Nervous System Changes During Reiki Treatment: A Preliminary Study”, The Journal Of Alternative And Complementary Medicine, Volume 10, Number 6, pp. 1077–1081. => Cet article démontre cliniquement l’impact du Reiki sur le Système Nerveux Autonome (notamment sur le rythme cardiaque, la systolique, la diastolique et la pression sanguine moyenne)
  • Catlin A., Taylor-Ford R.L. (2011), “Investigation of standard care versus sham Reiki placebo versus actual Reiki therapy to enhance comfort and well-being in a chemotherapy infusion center”, Oncol Nurs Forum, 38 (3):E212-20; doi: 10.1188/11.ONF.E212-E220. => Cet article démontre cliniquement que le fait de poser les mains sur les patients (cf. des séances de Reiki) améliorent le bien-être de patients en chimiothérapie.

Vous trouverez ci-dessous des ouvrages généralistes écrits par un chercheur et un médecin sur les thérapies énergétiques :

  • OSCHMAN J. L. (2000; 2016), Energy Medicine: The Scientific Basis, Churchill Livingstone, 2nd Edition. Un ouvrage sérieux écrit par un docteur en biophysique, et qui fait le point sur l’état des recherches scientifiques modernes dans le cadre des “médecines énergétiques.
  • BODIN L. (2013), Manuel de soins énergétiques : Soigner sans appareil et sans médicament, Guy Trédaniel. => un ouvrage complet écrit par un médecin diplômé en cancérologie clinique.
  • BODIN L. (2018), La médecine spirituelle : Pour une guérison complète et globale du corps, de l’esprit et de l’âme. Pour comprendre et éviter la maladie.

Pour un scepticisme raisonné et rationnel, c’est-à-dire sans excès…

Il est important de rappeler à nouveau que nous ne souhaitons pas employer l’expression “médecine énergétique“, parce qu’elle dépasse complètement le cadre du Reiki : le Reiki n’est pas de la médecine occidentale et n’a pas de prétention médicale… Passons en revue les arguments classiques des sceptiques quant aux thérapies énergétiques

Les thérapies énergétiques ne sont pas de la médecine répondant de façon avérée aux canons de la médecine et de la science occidentale.”

C’est tout à fait vrai et il est normal de le souligner.

Ce qui l’est moins, c’est de balayer d’un revers de main les références scientifiques citées ci-dessus en disant qu’elles ne prouvent rien. C’est certes un excès symétrique de ceux qui promeuvent des croyances magiques à outrance, ça n’est pas digne d’un bon scientifique, qui se doit de ne pas tomber dans les mêmes travers.

À la décharge des ultra-sceptique, il est vrai qu’il y a eu trop de personnes à avoir affiché des prétentions scientifiques rocambolesque sur le sujet et qui ont été clairement démenties par la suite. Il faut savoir faire preuve d’un esprit authentiquement critique. C’est d’ailleurs le principe même de la recherche scientifique que d’être un questionnement constant fondé sur des conjectures et des réfutations, comme dirait Karl Popper.

Le dogmatisme et l’idéologie n’ont pas leur place dans le débat scientifique, quel que soit le sujet, et que l’on soit pour ou contre la thèse défendue. C’est justement ce qui fait la valeur de la science. Cependant, la science occidentale ne sait pas tout, et le fait que l’on continue (et que l’on continuera) de chercher en est un aveu de fait. Le bon scientifique est humble quant à ses résultats et les résultats scientifiques sur le Reiki poussent à l’humilité : on peut promettre détente et bien-être, rien de plus.

Puisque les effets ne sont pas prouvés scientifiquement aujourd’hui, c’est que ces traitements sont faux. Le Reiki est une pseudoscience

Ceci est une faute logique (sophisme), puisque ce qui n’est pas encore prouvé ne peut effectivement pas être considéré comme encore légitime, mais certainement pas comme faux, pas plus que vrai, a priori (on est dans une situation d’incertitude) ; il faudra plus de recherches sérieuses pour prétendre pouvoir conclure.

Si cet argument était valable, la mécanique quantique aurait été considérée comme “fausse” il y a deux siècles : il a fallu un long combat scientifiques pour en démontrer les fondements et de grands scientifiques honnêtes comme Einstein pensaient (sincèrement mais idéologiquement) qu’elle ne pouvait pas être vraie… “et pourtant elle tourne”, comme dirait Galilée.

La science normale (instituée), comme dirait Kuhn, a tendance à l’arrogance et au mépris (cf. Galilée et bien d’autres plus récents dans l’histoire des sciences). Si l’on ne peut que mépriser les charlatans et les “scientifiques” qui font des fraudes à la publication (même dans des revues prestigieuses comme Nature), on ne peut que mépriser ceux qui se contentent d’affirmer qu’une théorie dont on ignore la validité est à écarter sous l’unique prétexte qu’elle est le fait d’une minorité de personne : toute théorie a commencé comme cela. On ne peut rejeter une théorie que s’il y a des preuves qu’elle est fausse (réfutation), pas si l’on n’a pas encore assez de preuves qu’elle est juste ; toutefois, on se gardera symétriquement d’affirmer qu’elle l’est puisque… l’on n’en a pas la preuve.

Les articles ci-dessus montrent que le Reiki a des effets cliniquement observables et significatifs statistiquement… ce qui invalide logiquement le cliché énoncé en tête de paragraphe. Cependant les effets cliniques démontrés sont simples et humbles : détente et bien-être, rien de plus. C’est d’ailleurs aussi la raison pour laquelle le Reiki n’est pas une pseudoscience : il n’a pas la prétention d’être une science (sauf à prendre le mot dans son acception ancienne de “connaissance“, ici de connaissance spirituelle). Le Reiki est une discipline spirituelle, pas médicale.

Ils contribuent même parfois à une mort prématurée en convainquant les patients que les traitements basés sur la science qui sauvent des vies ne sont pas nécessaires

C’est l’argument le plus sensible et le plus dangereux… et dans les deux sens. Tant dans le sens des “pour“, que dans le sens des “contre“.

Dans le clan des ultra-sceptiques, il est bon de se souvenir que la médecine traite de la vie et de la mort : elle est censée aider la vie, mais parfois elle cause la mort en essayant de bien faire, compte tenu des théories admises. Il est malheureusement illusoire de croire que “tous les traitements médicaux basés sur la science sauvent la vie à 100%” (même si tout le monde aimerait bien que ce soit le cas) : la médecine occidentale est loin d’être toute puissante face à la maladie…

Certains argumentent même que la médecine n’est pas une science, puisqu’elle est une pratique dont on ne peut jamais contrôler toutes les variables, contrairement à la physique moderne. Les études statistiques permettent de donner un certains de degré de connaissance utile, mais corrélation ne vaut pas causalité et c’est malheureusement là leurs limites : l’objectivité s’arrête au moment où l’on va devoir interpréter les résultats statistiques… L’interprétation est subjective, c’est justement pour cela qu’il y a un contrôle par les pairs dans toutes les revues scientifiques, afin de limiter les biais de subjectivité individuelle grâce à l’intersubjectivité collective. On sait bien en médecine que les résultats ne sont pas exactement répétables (ça ne sera pas avec les mêmes patients et si les pathologies sont proches, elles ne sont pas identiques), c’est bien là la raison pour laquelle on essaye de trouver des éléments de preuve au niveau statistique.

Est-ce à dire qu’il ne faut pas suivre les recommandations de la médecine occidentale et les traitements éprouvés ? Certainement pas !!! La médecine sauve des vies et il est hors de question de priver des personnes malades d’une chance de guérison. La médecine occidentale sauve des vies et fait du mieux qu’elle peut, le Reiki n’entend guère s’y substituer puisqu’il n’agit pas sur le même plan (plan spirituel). Il y a sans doute des charlatans, comme il en existe dans toutes les professions, qui prétendent le contraire, mais ils sont sans doute ultra-minoritaires (je n’en ai jamais rencontré, ni rencontré de pratiquants de Reiki agissant dans le sens de la substitution au soins de la médecine occidentale). Faire comme si tout le Reiki (en fait, tous ceux qui pratiquent le Reiki) avaient une volonté de substitution à la médecine occidentale est une façon de faire malhonnête intellectuellement : elle revient à conclure que parce qu’il existe quelques escrocs qui détournent cette pratique spirituelle, tous sont des escrocs et que la pratique est une escroquerie. L’argument est parfaitement irrationnel et procède d’un abus grave de généralisation. Il serait tout aussi abusif de conclure de l’existence de fraudes scientifiques que tous les scientifiques sont des fraudeurs, non ?

En outre, le même argument consistant à ne pas priver les personnes malades d’une chance de guérison joue également en faveur des thérapies spirituelles comme le Reiki : pourquoi vouloir les priver d’un soin Reiki (relaxation sur table), alors que cela améliore leur bien-être et leur détente ? Bref, pourquoi vouloir les priver du bien qu’on leur fait de façon simple en prenant soin d’eux ? Le Reiki prétend contribuer à la guérison spirituelle, mais n’a aucune prétention quant à la guérison physique. Toutefois, il est connu que si l’esprit va mieux, cela peut avoir un impact sur le corps. Le Reiki Usui propose ainsi “d’améliorer le corps et le cœur” (Shin Shin Kaizen) par un soin spirituel relaxant (Reiki Ryōhō), mais bien fou serait celui qui promettrait la guérison d’une maladie de cette façon.

La caricature qui consiste à effrayer les gens d’une mort prématurée s’il y avait substitution entre le Reiki et des traitements de médecine occidentale est peu fondé. Elle sert à décrédibiliser le Reiki en lui dénuant la moindre utilité, voire en le faisant passer pour dangereux… sans démontrer jamais que c’est le cas et que c’est bien le Reiki qui est en cause. C’est un mécanisme typique des procès en sorcellerie : qui veut tuer son chien l’accuse de la rage… Dès lors, l’on n’est plus du tout dans le débat scientifique, mais dans un combat politique où ce n’est plus la raison qui prime, mais la rhétorique. Tout bon scientifique se gardera de tomber dans de tels travers diffamatoires et insultants. Ce n’est pas le Reiki qui est dangereux, mais les escrocs et charlatans qui en font mauvais usage… au détriment du plus grand nombre.

Le Reiki, ça ne marche pas, ça n’est que de l’effet placebo ; c’est un rituel placebo superflus (comme l’acupuncture, etc.)”

Toute personne un tant soit peu logique conviendra aisément que s’il y a de l’effet placebo, c’est donc qu’il y a bien… de l’effet ! Et s’il y a de l’effet (qu’il n’y a pas sans…), c’est donc bien que ça marche.

Alors pourquoi cette critique surprenante ? Toujours à cause de l’hypothèse erronée mais érigée en dogme que le Reiki chercherait à se substituer à un traitement médical. De cette manière, on est sûr de pouvoir faire passer le Reiki pour ce qu’il n’est pas, de se donner une belle opportunité de le critiquer à bon compte et superficiellement, sans prendre le risque de devoir argumenter plus sérieusement, puisqu’on l’a disqualifié d’office… Cela rappelle des méthodes de communications totalitaires et manichéennes disant : “nous ou le chaos bolchévique”… “Nous ou le Reiki”. Pourtant, science et Reiki ne s’opposent guère, normalement : le fondateur du Reiki Usui, Mikao Usui, affirmait justement que la science ne comprenait pas encore le Reiki, mais qu’un jour elle y arriverait sans doute.

Pour comprendre la rhétorique pernicieuse à l’oeuvre, il faut revenir sur la nature réelle de l’effet placebo. On consultera avec profit le joli travail rigoureux réalisé par Jean-Jacques Aulas sur l’histoire et la définition du Placebo.

On y apprend que sa première définition fut, apparemment, selon le New Medical Dictionary de J. Fox en 1803 : « Placebo, je plairai ; un épithète donné à tout remède prescrit plus pour faire plaisir au patient que pour lui être utile ». Cependant le terme sera complètement ignoré en France jusqu’en 1958, ce qui, selon les mots d’Aulas, “souligne le peu d’intérêt que lui a accordé la médecine académique française“. Le placebo est ainsi considéré comme inessentiel et n’agissant que sur l’humeur de façon plaisante. La grande surprise restant que cette action inessentielle a des effets bien réels, mais variables… “À titre d’exemples, l’effet placebo est nul dans les septicémies et peut atteindre 80 % dans la douleur de l’ulcère duodénal” nous dit Aunas. On comprend alors un peu mieux la définition du Placebo donnée par Wikipedia : “un procédé thérapeutique n’ayant pas d’efficacité propre ou spécifique mais agissant sur le patient par des mécanismes psychologique et physiologiques“. Le principe est donc simple : il n’agit pas de façon mécanique sur le corps du patient (comme par exemple le médicament qui agit de façon chimique), mais de façon psychologique (on y inclut les aspects émotionnels et affectifs, dont le relationnel) sur le mental ou l’esprit du patient… qui va finalement mieux !

Le paradoxe du Placebo est bien qu’il marche et il représente donc la puissance bien réelle des aspects psychologiques à des dépasser des causes purement mécaniques, en cas de dérèglement physiologique (notamment la douleur), mais pas en cas de lésion organique (cf. la septicémie). Notons qu’il existe également un résultat contraire où notre pensée aggrave nos problèmes physiques : on parle d’effet nocebo. Wikipedia affirme ensuite platement : “Une diminution de symptômes après traitement par placebo pourrait aussi s’expliquer par une guérison spontanée ou une régression naturelle de la maladie“.

Cela rappelle les vertus dormitives de l’opium du Malade imaginaire de Molière : cette phrase n’explique absolument rien ! Il y a guérison, mais comme elle est “spontanée” ou que la régression est “naturelle”, elle ne compte pas. C’est une autre façon de dire que l’on ne veut pas tenir compte des aspects psycho-affectifs, au profit des seuls aspects matériels et mécaniques. Le problème sous-jacent est simple : l’esprit agit sur la matière via la physiologie (principe “spirituel”) au lieu que la matière n’agisse seule sur l’esprit (principe “matériel”), comme le voudrait le réductionnisme. L’action est donc bien dans les deux sens et, pour citer la conclusion d’Aulas, nous sommes à “l’articulation même du somatique et du psychique“, la question étant donc bien celle des liens entre le Corps et l’Esprit. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce lien n’est pas du tout considéré par les recherches médicales comme étant d’une importance cruciale, au contraire des approches spirituelles.

Nous pouvons enfin traiter le dernier point : on n’a pas démontré matériellement que le Reiki fait mieux que le placebo… Quelle surprise, puisque les deux agissent sur le mental ! Il est vrai que le Reiki qui a été étudié dans les études est très usuellement l’une des formes New Age et qu’elle n’a pas montré de supériorité nette comparée à simplement s’occuper de façon bienveillante d’un patient, ce que l’on sait apparemment peu faire de nos jours. Rappelons une dernière fois que le Reiki n’a pas vocation à se substituer à un traitement médical et qu’il n’entend pas s’y substituer, d’autant que l’on ne fait pas de diagnostic en Reiki. La vraie critique est de savoir ce qui marche vraiment : transmettre de l’Amour aux gens, tout simplement.