Yáng Jwing-Ming et son école : la YMAA

Yáng Jwing-Ming (楊俊敏) est un Maître d’Arts Martiaux chinois et de Qìgōng (氣功) originaire de Taiwan, où il est né le 11/08/1946. Il réside depuis la fin des années 1970 aux États-Unis, où il a fondé sa propre école, la YMAA (Yang’s Martial Art Association), afin de pouvoir préserver et diffuser le vaste savoir théorique et pratique dont il est dépositaire (cliquer sur le lien suivant pour voir l’ensemble des contenus enseignés dans l’école). À plus de 70 ans, Maître Yáng est encore actuellement en train d’enseigner au YMAA Retreat Center, dans les montagnes Californie du nord (loin de la plage, mais bien au calme)…

Un Maître de Grue Blanche…

Il est d’abord un maître de Grue Blanche (白鶴拳, báihèquán), un art martial chinois 
issue du style du Shàolín du sud (南少林, nán Shàolín). Cet art à la particularité d’être à la fois externe (importance accordée aux aspects yáng : force, vitesse et développement du corps physique) et interne (importance accordée aux aspects yīn : souplesse, flexibilité et développement du corps énergétique).

Maître Yáng sera l’un des plus jeunes disciples de Maître Cheng Gin-gsao (曾金灶, Zēng Jīnzào, en pīnyīn), qui, par son exemplarité, marquera durablement sa vie, lui inculquant des valeurs et principes moraux des arts martiaux (武德, wǔdé) qu’il a toujours mis en avant dans ses enseignements… mais également dans son propre comportement :

  • Moralité/vertu des actes (cultiver sa relation aux autres, servir et devenir juste) : Humilité (謙虛, qiānxū), Respect (尊敬, zūnjìng), Droiture (正義, zhèngyì), Fiabilité/Confiance (信用, xìnyòng) et Loyauté (忠誠, zhōngchéng)
  • Moralité/vertu de l’esprit (se cultiver soi-même, apprendre et devenir sage) : Volonté/Détermination (意志, yìzhì), Endurance (忍耐, rěnnài), Persévérance (毅力, yìlì), Constance/Patience (恆心, héngxīn) et Courage (勇敢, yǒnggǎn).

…mais aussi de Qìgōng, Tàijíquán et de Long Poing !

Peu avant sa mort (un AVC, conséquence du côté yáng de l’entraînement à la Grue Blanche), Maître Cheng indiquera au jeune Yáng de continuer à rechercher le côté yīn de l’art, afin de pouvoir équilibrer les deux aspects. Ce côté yīn, c’est bien évidemment le Qìgōng et Maître Yáng en avait acquis de bonnes bases en pratiquant la Grue Blanche ! Maître Yáng a ainsi naturellement passé sa vie à collecter des textes et des informations et à tester des pratiques, jusqu’à ce qu’il soit en mesure de fournir une carte panoramique permettant de savoir où est quoi, et comment l’ensemble s’articule. Cette recherche d’une vie sera le terreau de  l’enseignement en 8 Niveaux du Qìgōng de l’école YMAA, fondé sur le Niveau 1, qui en donne tous les fondements théoriques et pratiques… on ne saurait trop insister sur son importance en termes de fondation.

Par ailleurs, les vicissitudes de la vie dans le Taiwan des années 1960 (famines chroniques causant chez Maître Yáng de nombreux ulcères à l’estomac) poussèrent Maître Cheng à indiquer au “petit Yáng” un maître d’un autre art, Maître Kao, qui pourrait sans doute l’aider. Cet art, c’était le Tàijíquán (太極拳), qui, bien qu’il le détesta pendant son adolescence, ne le quittera plus tout au long de sa vie. Le Tàijíquán est l’un des 3 grands arts martiaux internes chinois. Tous les arts martiaux internes chinois accordent une place prépondérante à la relaxation dans le mouvement destinée à permettre une circulation optimale du qì lors des frappes martiales souples et fouettées que l’on appelle alors fājìng (發經) ou lors de manœuvre de neutralisation de l’énergie émise par l’adversaire (化經, huà jìng). Tout aussi excellente martialement que pour la santé, la pratique du Tàijíquán permit à Maître Yáng de se guérir progressivement de ses ulcères à l’estomac

Vint ensuite la période du service militaire obligatoire et sa période au Tamkang college de l’armée de l’air. Un maître de Long Poing, Maître Lǐ, y enseignait et il en deviendra rapidement l’élève, l’assistant et le disciple. Le Long Poing (長拳, chángquán) : un style externe de Shàolín du nord (北少林, běi Shàolín). L’accent est mis sur la puissance et la vitesse, ce qui implique une certaine tension musculaire destinées à produire des frappes martiales rigides et fortes. La génération et l’utilisation du qì qui y sont faites est locale, ce qui fait qu’on peut considérer le Long Poing comme une forme d’élixir externe (外丹, wài dān). Sa pratique intensive n’est pas sans danger : il y a un vrai risque de syndrome de dispersion de l’énergie (sǎn gong), ce dont était justement mort son Maître de Grue Blanche.

Maître Yáng se retrouvera ainsi dans une situation exceptionnelle pour l’époque, avec officiellement 3 Maîtres, alors que la norme était beaucoup plus conservatrices, mais telle n’était pas celle de Maître Cheng, beaucoup plus ouverts, et sans qui tout cela n’aurait pas été simplement possible ! Maître Yáng a lui aussi gardé une telle attitude ouverte.

Maître Yáng et ses Maîtres… qui refusaient tous d’être appelés ainsi !
Au centre, Maître Cheng ; à gauche, Maître Lǐ ; à droite, Maître Kao ;
en-dessous, Maître Yáng, honorant ainsi ce qu’il a reçu de ses 3 Maîtres…

I want to lead Chinese martial artists in the West back to their roots and help them regain their original high level of skill and public respect. I also wish to bring Qigong training to the Western world and have it accepted by the Western medical society once and for all.

Dr. Yáng, Jwing-Ming

La démarche de Maître Yáng : créer un pont entre l’Est et l’Ouest !

Si Maître Yáng est originaire de Taiwan, il partira rapidement étudier l’ingénierie mécanique à l’Université de Perdue. Il se spécialisera dans les lasers, sujet sur lequel il soutiendra sa thèse de doctorat (PhD) et il est ainsi d’usage (américain) de l’appeler Dr. Yáng, en raison de son doctorat d’ingénierie mécanique (il n’est pas médecin). Il possède ainsi une excellente connaissance de la physique moderne.

Maître Yáng cherchera à mettre en évidence les liens qui existent entre les enseignements Traditionnels de la culture chinoise dans laquelle il a grandit et ceux qu’il a acquis en étudiant les sciences occidentales, au premier chef desquels se trouve la Physique (mécanique classique et quantique, électromagnétisme, etc.). C’est ainsi qu’il explique et interprète de nombreux phénomènes énergétiques de façon simple et les éclaire d’un jour nouveau et novateur, permettant un approfondissement réel de la pratique, où les aspects matériels, énergétiques et spirituels sont étroitement liés.

Le vecteur de ce rapprochement de l’Est et de l’Ouest, de la création d’un pont vivant entre orient et occident sera indubitablement l’école internationale qu’il mettra progressivement en place : la Yang’s Martial Art Association (YMAA).

Les personnes souhaitant avoir une idée de l’étendue de ce qui est proposé dans l’école YMAA peuvent cliquer sur le lien. La YMAA est présente un peu partout dans le monde et notamment en France et à Paris (cliquer sur le lien suivant pour voir l’ensemble des écoles YMAA). Elle est présidée en France par Victor Marquès.

Victor et Maître Yáng, en plein travail de Long Poing