Pr. Jerry Alan Johnson

Jerry Alan Johnson est un Maître d’Arts Martiaux chinois (notamment de Bāguàzhǎng, 八卦掌), Docteur en Qìgong Médical (bien connu pour sa spécialisation en oncologie), Professeur réputé, mais aussi Prêtre et Évêque dans plusieurs traditions spirituelles, dont le Taoïsme, le Christianisme et le Bouddhisme. Il a ainsi parcouru la boucle qui l’amène des Art Martiaux aux Arts de Guérison, puis des Arts de Guérison vers l’Académie (enseignement universitaire et recherche), puis de l’Académie vers la Prêtrise…

1) Des débuts comme pratiquant, puis enseignant/Maître d’Arts Martiaux : S(h)īfu Johnson

Il commence par le Judo en 1965, puis poursuit dans différents arts martiaux, dont le Karaté Goju-ryu. Lui et son école font alors la rencontre d’un jeune pratiquant de Gōngfu (功夫) de la Mante Religieuse qui, défié de façon outrageuse par le patron du Dôjô de Karaté… bat très rapidement les meilleures ceintures noires présentes ! Jerry Johnson découvre alors qu’il y a plus et autre chose à apprendre ailleurs, et finit par trouver l’enseignant/Maître instructeur hors norme (Sifu John Staples) de ce pratiquant étonnant, et devient son élève en 1972, puis finalement son disciple.

L’orthographe (et la prononciation) Sifu (prononcer “si fou”) n’est toutefois pas correcte du point de vue du pīnyīn (拼音), l’écriture phonétique standardisée en 1958 du gouvernement chinois continental, et qui ne sera adoptée qu’en 2008 à Taïwan (enjeux politiques obligent)… quand, aux États-Unis, c’était le système de Romanisation Wade-Giles qui prévalaient depuis la fin du XIXe siècle ! Le monde des arts martiaux n’étant pas essentiellement un monde de lettré, les variantes et les télescopages orthographiques étaient la norme, sans que cela ne gêne évidemment la pratique. L’usage ancien utilisant la graphie et la prononciation “Sifu” est encore bien ancré aux USA. Le terme devrait aujourd’hui s’écrire Shīfu (Maître, travailleur qualifié ; prononcer “cheu fou”) : le premier caractère (師/师, shī) signifie “enseignant, Maître, expert, modèle à suivre” ; quant au deuxième caractère, il s’écrit soit à la taïwanaise 師父, avec le sens de “père” (on insiste sur la relation filiale, et donc l’aspect Maître-Disciple, avec le respect et le soin mutuel naturel et nécessaire entre un père et son enfant), soit à la chinoise continentale 師傅/师傅, avec le sens littéraire “professeur particulier, tuteur” (on insiste sur l’aspect particulier ou privé, et donc l’aspect Instructeur, à qui l’on doit le respect pour l’enseignement qui nous est prodigué, et le terme exprime également une forme de respect envers une personne plus âgée).

Jerry Alan Johnson commence ainsi les Arts Martiaux chinois par l’apprentissage du versant externe : le Shàolín du Nord, et notamment le Mízōngquán (迷蹤拳), dont il deviendra finalement “Sifu” en 1977 (certifié à Taïwan). Très fier d’être Shàolín et également doué en combat libre, son S(h)ifu ne manque, toutefois, jamais une occasion de lui faire subir des défaites cuisantes pour le ramener à la réalité, ce qui sera à la source d’une devise des enseignements de Shīfu Johnson : “we are a school of practical applications: whether you can, or you can’t” ; si l’on possède des capacités réelles (plutôt que des titres, un beau pedigree ou des beaux discours avec de belles théories), on doit être capable d’en faire la démonstration pratique immédiate… et donc soit on peut (et, en général, on n’a pas besoin de s’étendre sur le sujet, bien qu’on l’ait longtemps travaillé, de façon pratique et en profondeur), soit on ne peut pas (et il est plus juste, du coup, de ne pas parler, qui plus est longuement… de ce que l’on ne connaît en réalité pas vraiment et que l’on ne peut qu’imaginer, de façon plus ou moins fantaisiste) ! C’est ainsi que Sifu Staples, de petite stature, laissait son élève Johnson attaquer à sa guise avec ses techniques Shàolín, tout en se cantonnant lui-même à une ou deux techniques de Tàijíquán (太極拳) de style Yáng, dont il avait laissé le choix à Jerry Johnson… pour le battre généralement à plate couture !!! L’invitation, ferme et douloureuse, à continuer à apprendre plus et en profondeur, notamment sur les aspects structurels statiques et dynamiques des Arts Martiaux (內功, nèigōng : la part réservée à quelques pratiquants triés sur le volet, usuellement le successeur choisi, parce que considérée comme “secrets militaires” puisqu’elle donne les secrets pratiques de l’efficacité martiale), ne peut alors qu’être sincèrement reçue : cela deviendra une priorité systématique de recherche et de pratique de Shīfu Johnson, qui sera très connu pour sa grande qualité de Nèigōng et ses recherches constantes sur le sujet avec des dizaines de Maîtres…

Il apprend ainsi rapidement l’efficacité réelle des Arts Martiaux Internes chinois (le versant interne “Wǔdāng”), quand ils ne sont pas pratiqués de façon superficielle et/ou dans une approche essentiellement “de santé” ; Jerry Alan Johnson deviendra ainsi également Shīfu de Tàijíquán de style Yáng en 1978 (également certifié à Taïwan) et, plus tard, disciple officiel du style Chén de Féng Zhìqiáng en 1993 en Chine, à Pékin. En complément, il apprend à partir de 1978 le Bāguàzhǎng de Jiāng Róngqiáo sous la férule de Sifu Michael Alan Brown, (lui-même Sifu de Wong Heryue) et en devient instructeur en 1980. Il continuera passionnément l’étude de cet art, jusqu’à devenir Shīfu dans pas moins de 6 styles de Bāguàzhǎng, ainsi que juge lors des compétitions nationales aux États-Unis ! Il recevra également l’enseignement de plusieurs Maîtres des plus compétent en Yìquán (意拳) et Dàchéngquán (大成拳), dont certaines des méthodes d’entraînement secrètes seront une aide précieuse pour ce qui allait devenir un autre pan de sa vie : une carrière dans les Arts de Guérison.

2) …la continuation naturelle dans la Guérison : Dr. Johnson

Parallèlement aux Art Martiaux chinois, Shīfu Johnson découvre dès 1974 les bases de Médecine Chinoise nécessaires à la vie des combattants, la règle étant simple : “tu dois réparer ce que tu as cassé chez ton adversaire“… ce qui lui donne une bonne leçon, mais à toi aussi, par le temps que tu vas devoir lui consacrer ! C’est ainsi qu’il apprend les fondamentaux de la traumatologie (tant dans les aspects reboutages, que dans la confection d’emplâtres et de vins médicinaux, par exemple). Il apprend ensuite formellement avec le Dr. Huh (1978-1981) la pratique de la Médecine Chinoise (Acupuncture et Moxibustion, Tuīná, Pharmacopée et Qìgōng), mais dans ses aspects antérieurs à 1949 (on utilise ainsi systématiquement le Qìgōng en combinaison avec tous les autres aspects de la Médecine Chinoise), c’est-à-dire avant que la Chine communiste n’en revisite et n’en censure certains éléments clés (les aspects spirituels sont effacés au profit des aspects les plus matériels), pour en faire la fameuse Médecine “Traditionnelle” Chinoise (ou MTC), traditionnelle depuis les années 1950… De 1981 à 1984, il établit plusieurs cliniques réputées, dans lesquelles il traite de nombreux patients en Acupuncture et Moxibustion. Il étudie en 1985-1986 avec Maître Fei (Maître taoïste et de style Chén) qui lui apportera beaucoup, lui permettant de franchir un cap vers de plus hauts niveaux de pratique.

En 1985, il fonde the International Qigong Institute, qui sera renommé, en 1997, The International Institute of Medical Qigong (IIMQ), actif dans l’enseignement jusqu’en 2012. Certains de ses patients présentent des tumeurs qu’il arrive à dissoudre (résultats systématiquement étayés par l’imagerie médicale occidentale) avec sa “paume pulvérisante” (crushing palm), qu’il a développée au cours de sa longue pratique martiale ; les résultats thérapeutiques ne sont pourtant pas réellement satisfaisants : les tumeurs précédemment dissoutes se reforment en 6 mois généralement, sans qu’il ne sache pourquoi…

Il décide alors de partir se former directement en Chine, à l’époque glorieuse (1993-1998) où le gouvernement chinois accepte d’assouplir momentanément le dogme de la MTC pour explorer le plein potentiel du Qìgōng, jusqu’à créer des hôpitaux chinois de recherche dédiés au Qìgōng et traitant tout type de pathologies et de patients : patients en ambulatoire, patients hospitalisés, expérimentation et synthèse des résultats des recherches (formalisation et diffusion des conclusions à tous les hôpitaux de Qìgōng chinois de l’époque). C’est là qu’il se spécialisera en oncologie (le plus haut niveau du Qìgōng médical) et obtiendra son DTCM (Doctor of Traditional Chinese Medicine) à Pékin, par le Ministère de la Santé chinois, sa thèse (PhD en 1995) portant sur les composantes émotionnelles des formations tumorales. Il sera officiellement nommé Docteur et Directeur de Clinique (Clinical Director) par Pékin en 1998, après avoir terminé tout son clinicat en Chine, ce qui lui permit d’acquérir une expérience rigoureuse et vaste, y compris avec de grands Docteurs en dehors de l’Hôpital, comme le Dr. Zheng Zhanding ci-dessus.

3) …la poursuite de carrière en tant qu’Académique : Pr. Johnson

Dès 1996, il est officiellement nommé pour prodiguer des enseignements et des soins dans des cliniques de Médecine Occidentale, au titre des thérapies complémentaires, tant au Canada qu’en Californie. À partir de 1999, il devient Doyen pour le Qìgōng Médical du célèbre Five Branches Institute (College and Clinic of Traditional Chinese Medicine à Santa Cruz), où il développe un programme de 200h permettant de devenir Praticien (Medical Qigong Practitioner ou MQP) et un autre programme de 500h de Thérapeute (Medical Qigong Therapist ou MQT). En 2000, il ouvre la première Clinique de Qìgōng Médical aux USA, en combinaison avec l’Acupuncture et la Pharmacopée. En 2001, il commence à enseigner sa spécialité qui est l’oncologie en Qìgōng Médical. En 2003, il est également nommé Doyen pour le Qìgōng Médical du Five Branches Institute de Floride, où il ouvre également une clinique de Qìgōng Médical. En 2004, il établie en Belgique (Belgium College of Traditional Chinese Medicine) un programme de 200h de Praticien (Medical Qigong Practitioner ou MQP). En 2006, le Pr. Johnson devient le Représentant officiel à l’étranger pour le Qìgōng Médical de l’Université de MTC du Hénán (avec transmission du sceau chinois, qu’il pouvait utiliser officiellement pour acter toutes ses décisions aux USA), ce qui était une reconnaissance officielle tant des capacités cliniques que de la qualité académique de ses élèves. La même année, il enseigne un nouveau programme de Praticien (Medical Qigong Practitioner ou MQP) à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Il devient ainsi une référence et une sommité visible tant au plan national (USA) qu’au plan international et sera élu Vice-President (USA) de la World Academic Society of Medical Qigong de 2006 à 2011.

Si l’on en restait là dans l’histoire, le tout ressemble à une belle success story à l’américaine pour le Qìgōng Médical, mais en réalité… la situation va se dégrader brutalement en Chine continentale à partir de 1999 ! En effet, cela fera suite à ce qui a été considéré comme “tentatives de coup d’état répétées” de la part d’un mouvement politique sectaire, prétendument focalisé sur le Qìgōng et la spiritualité, mais servant de façon factuelle et évidente les intérêts (notamment matériels) de son fondateur (devenu richissime), un mouvement qui revendiquait des dizaines de millions d’adeptes, ne serait-ce qu’en Chine et notamment chez les cadres du parti communiste chinois : le Falungong ! Le fondateur du mouvement prétend, par exemple, avoir inventé la pratique millénaire et bien connue de la “Petite Circulation“, nommée, en termes bouddhistes, “faire tourner la Roue (du Dharma)“, ce qui se dit “fǎ lún”. Il faut dire que le choix de ce nom est sans doute volontairement ambivalent, puisque l’expression 法輪常轉/法轮常转 (fǎ lún cháng zhuàn) signifie littéralement “la Roue (du Dharma) tourne constamment“, mais avec le sous-entendu que “ces enseignements (bouddhistes) viendront à bout de tout“, une illustration classique du passage d’un mouvement spirituel, à religieux, puis finalement politique. En réaction aux incidents de 1999, le gouvernement chinois continental pris des mesures radicales : interdire la pratique du Qìgōng !

C’est ainsi que, en une seule nuit, les hôpitaux de Qìgōng médical furent fermés, alors qu’ils étaient plus que prometteurs et en pleine expansion ! Le Falungong se défend d’avoir fait un quelconque agissement politique envers le gouvernement chinois (si ce n’est “des manifestations sans banderoles, ni slogan“), tout autant qu’il réfute sa qualification par ce dernier de “Nouveau Mouvement Religieux” ; il se pose ostensiblement en victime persécutée par le pouvoir, une histoire facile à faire avaler à des occidentaux en position “d’idiots utiles”, et qui tirent quasi exclusivement leurs informations… des membres du Falungong. Note importante : on touche ici au vaste sujet de la “Fièvre du Qìgōng qui est en réalité bien plus complexe et sensible que l’histoire simplette communément vendue en occident et dont les ramifications politiques et financières ne cessent de surprendre. Retenons simplement le fait, pour ceux qui ne feront pas de recherches sérieuses et pénibles sur le sujet (ne croyez personne sur parole et vérifiez vos sources, si vous souhaitez disposer d’une information réellement fiable et “indépendante”), que, après les incidents liés au Falungong en 1999, le Qìgōng a tout bonnement été interdit en Chine, jusqu’à nouvel ordre, puis a été régulièrement rétabli partiellement, puis ré-interdit, etc. La pratique du Qìgōng médical dans les hôpitaux chinois reprend timidement dans les années 2020 en Chine, mais de façon très marginale par rapport aux jours glorieux des années 1990… et sous surveillance accrue ; du point de vue du gouvernement chinois, moins vous êtes ostensiblement dans le spirituel, mieux c’est : de ce point de vue, la tendance est clairement à instiller une approche de Médecine Occidentale comme médecine idéale et donc de référence pour toute évolution de la Médecine Chinoise. L’interdiction du Qìgōng en Chine a, par ailleurs, largement contribué à décrédibiliser et servi d’argument contre les pratiques traitant directement le qì au sein de la communauté internationale en Médecine Chinoise.

Après que le Dr. Johnson a complètement terminé son cursus en Chine, celui y devient ainsi indisponible ! Le Pr. Johnson cherche alors à préserver ce qu’il a appris, notamment en le diffusant dans les Université de Médecine Chinoise et Orientales des États-Unis. Après quelques années d’enseignement, le Pr. Johnson constate que, malgré ses efforts, la moitié des enseignants de ces établissements “ne croit toujours pas au qì“… un concept qu’il faudrait ramener à de pures considérations de Médecine Occidentale. À tel point que lorsqu’il publie, de 2002 à 2005, ses ouvrages de référence en 5 Volumes sur le Qìgōng Médical (voir ci-dessous pour leur traduction en Français de cette première édition, de 2009 à 2018 par les éditions Chariot d’Or, fondées par mon ami, Richard Garnier), il est censuré par une partie de la faculté qui lui demande de retirer tout contenu jugé “trop ésotérique” (comprendre tous les aspects spirituels) ! Comme ses ouvrages servent de support d’enseignement, il se plie à contre-cœur à leurs exigences. Le Pr. Johnson a ainsi dû expurger près d’un tiers du texte d’origine, ce qui était pour le moins gênant… Mais, au moins, dans cette version tronquée, les bases des enseignements qu’il a reçus et pratiqués en Chine sont disponibles, même si la présentation des niveaux plus avancés y est fortement réduite, et que ceci constitue une amputation significative du savoir et donc de la pratique.

Ainsi, au début des années 2000, le Qìgōng médical est passé dans la clandestinité en Chine et n’est plus légalement disponible dans son berceau natal. Le Pr. Johnson cherche des moyens de ramener le Qìgōng dans la clinique, notamment en occident, là où le “nouveau dogme MTC” l’a fait presque disparaître, au point où l’approche du qì développée de façon millénaire puisse être balayée d’un revers de main et qualifiée de “superstition”, malgré les excellents résultats cliniques et l’institution d’hôpitaux dédiés en Chine, mais désormais fermés… certains ont d’ailleurs même niés par la suite qu’ils aient jamais existé ! Il faut dire qu’une approche de la Médecine Chinoise très focalisée sur le qì ne peut que mener dans une direction spirituelle, ce qui n’est évidemment pas du goût de tout le monde, pour des raisons matérialistes et politiques.

En 2009, le Pr. Johnson commence alors l’enseignement d’un programme intensif de 3 ans pour devenir Docteur en Thérapie par le Qìgōng Médical (Doctor of Medical Qigong ou DMQ), incluant un programme clinique de 2000h (dont 818h de clinicat externe et une thèse doctorale), fondé sur le curriculum de la Faculté de Qìgōng Médical du Hǎidiàn TCM University de Pékin (équivalent, en gros, à Harvard ou Stanford), et sous la supervision de l’Université de MTC du Hénán ; le cursus fut éprouvant et seuls 52 candidats sur les 110 initiaux reçurent finalement, en 2012, le titre de Docteur en Qìgōng Medical (DMQ), après quoi, ayant passé le flambeau à la génération suivante, le Pr. Johnson “pris sa retraite”… Il quitta les différentes Universités de Médecine Chinoise, arrêta l’enseignement via l’IIMQ, pour goûter un repos bien mérité, qu’il mis à profit pour réintégrer le tiers manquant expurgé dans sa précédente série d’ouvrages en 5 Volumes. À l’occasion d’une deuxième édition en 2018, il en changea le titre et le contenu, pour acter discrètement le fait qu’il s’agissait bien d’une Médecine Énergétique (Chinoise) et qu’il restaurait bien la partie spirituelle “ésotérique” et ses Enseignements Secrets (ou désormais confidentiels) : Secret Teachings of Chinese Energetic Medicine (STCEM), donnant ainsi clairement le ton à ce qu’il considère être le plus important.

L’un de ses principaux disciples, Diego Sanmiquel, parvint à le convaincre d’organiser, en 2019, un ultime Programme Doctoral en Qìgōng Médical, mais non en se conformant seulement aux normes établies et communément acceptées aux USA et ailleurs, mais en l’enseignant exactement comme il le souhaitait : c’est ainsi que naquit la nouvelle aventure du Certificat DCEM (Doctorate in Chinese Energetic Medicine Certificate), un programme de 4 ans (640h de cours), couvrant notamment l’intégralité des 5 Volumes de STECM, mais également d’autres contenus énergétiques et spirituels, utiles pour une clinique poussée et polyvalente ! Du point de vue du Pr. Johnson, qui est également un point vue clinique patiemment élaboré en Chine pendant des millénaires, les aspects Spirituels sont plus que fondamentaux et ne peuvent donc en aucun cas être occultés, sauf à amputer significativement tant le diagnostic que la thérapeutique… ce qui mène à naturellement combiner les aspects martiaux, médicaux et spirituels.

4) …le parachèvement comme Prêtre, puis “Prêtre de Prêtre” : Abbé/Évêque Johnson

Les aspects spirituels ont fait partie de longue date de la vie de Shīfu Johnson, à tel point que son premier Maître de Bāguàzhǎng, Michael Alan Brown, s’inquiétait à la fin des années 1970 de l’entendre régulièrement parler d’Amour et de Jésus même à des militaires et combattants ! Jerry avait grandi chrétien et était membre actif de son église locale, menant des groupes d’études bibliques, mais aussi de prières et de chants, qu’il accompagnait à la guitare. Il était de coutume d’y partager ses expériences de la vie quotidienne pour y réfléchir ensemble. À cette occasion, un jour, le Dr. Johnson partagea avec eux le fait qu’il venait d’avoir son premier patient possédé ! À cette mention, il sentit l’énergie de la pièce changer immédiatement et tenta de revenir à des louanges chantées pour dissiper le malaise qu’il venait de créer… sans grand succès. Son Pasteur Assistant vint le lendemain le voir pour le prendre à part, afin de “discuter” de ce qui c’était passé…

Ce fut un nouveau tournant dans sa vie, parce que son Pasteur Assistant, quoique très chrétien, se trouvait aussi… avoir été parfaitement formé dans la branche Lóngmén du Taoïsme ! Il avait, en effet, été pilote d’helicopter pendant la guerre du Vietnam et le seul moyen qu’il avait trouvé pour garder sa santé mentale avait été de côtoyer longuement les taoïstes locaux, l’aidant sur son propre chemin spirituel, en lui transmettant les enseignements de cette lignée. “Ne partage pas des choses spirituelles avec des gens religieux!” fut ce qu’il lui dit, ce qui ne manqua pas de créer un choc chez le Dr. Johnson : “ils sont venus là pour apaiser leurs consciences, pas pour cheminer spirituellement“, c’est-à-dire pour humblement et avec respect se transformer vers plus d’Amour et de Lumière. Désireux de continuer à cheminer vers le Ciel, qui est le même pour tout le monde, le Dr. Johnson apprit ainsi avec son Pasteur Assistant, consolidant de bonnes bases taoïstes qu’il avait déjà acquises avec ses précédents Maîtres, notamment d’Arts Martiaux, tous versés dans ces pratiques (et tout particulièrement le Mysticisme de l’Étoile Polaire, qu’il aborda dès 1972-1978 avec son premier Sifu).

C’est ainsi qu’après être devenu le Dr. et Pr. Johnson, ce dernier retournera régulièrement en Chine de 1993 à 2011 pour étudier en profondeur le Taoïsme tant dans la branche Zhèngyī (Tiānshī et Máoshān) dite du “taoïsme religieux”, que dans la branche Quánzhēn (Lóngmén) dite du “taoïsme alchimique” (bien entendu, cette présentation des plus sommaires ne rend justice à aucun de ces deux courants, qui partagent bien des éléments en commun, même s’ils ont leurs spécialités typiques et mettent l’accent sur des choses parfois différentes). Le Pr. Johnson sera reçu comme Disciple officiel en 2004 et 2005 (Rang 9 et 8), puis ordonné Prêtre en 2005 (Rang 7 et 6), nommé Prêtre senior en 2007 (Rang 5 et 4) ; il reçut sa deuxième ordination d’Abbé (l’équivalent d’Évêque) en 2008 et était Abbé senior dès 2011. Il transmettra ces connaissances dans des cours taoïstes spécifiques de 2005 à 2014, ce qui le poussera à écrire un grand nombre d’ouvrages sur les pratiques taoïstes (voir quelques exemples ci-dessous), afin de permettre de rendre accessible au grand public des connaissances autrefois confidentielles, mais en voie de disparition. Jusqu’en 2011, il aura ainsi formé pas moins de 38 Túdì (Apprentis/Disciples), 48 Dàoshì (Prêtres), and 8 Dàozhǎng (Abbés) sous sa férule. Il étudiera également en Chine le chamanisme tibétain (1992-1996), le bouddhisme tantrique (1993-1996), ainsi que le Feng Shui (1995-1998).

Les activités Mystiques passent ainsi d’une pratique personnelle tournée vers sa propre évolution spirituelle en cultivant une relation personnelle avec le Divin, à une pratique ou cette relation privilégiée est mise au service des autres en général (Prêtre), puis des Prêtres en particulier (“Prêtre de/pour Prêtre”, ce qui correspond aux fonctions classiques d’Évêque, d’Abbé, etc.) : “au cours des années, j’ai souvent observé de nombreuses personnes religieuses souffrir d’une malnutrition spirituelle extrême“, A Master’s Journey, p. 616). Il rencontre également des Mystiques brésiliens, versés dans la tradition ésotérique chrétienne et kabbalistique, avec qui il travaillera intensément en 2006 et qui lui feront forte impression par leur degré d’exigence. C’est cette même année qu’il commence à étudier formellement et durablement le Mysticisme Bouddhiste, dans ses branches Tibétaines Nyingma et Bön (étude qui avait commencé dès 1978-1981) sur la période 2006-2013. Il découvre avec une certaine surprise à quel point le Bouddhisme Nyingma recèle des similarités avec certaines lignées taoïstes dont il est dépositaire, l’un permettant d’approfondir l’autre. C’est également durant cette période qu’il recevra la transmission de la lignée gnostique copte du Mysticisme Chrétien.

Après avoir reçu tant d’enseignements divers et variés et les avoir réellement pratiqués, son constat profond est simple : les voies Bouddhiste, Chrétienne, et Taoïste convergent bel et bien, comme toutes les voies du Mysticisme ; seuls l’itinéraire et l’ordre technique de progression proposés diffèrent, l’objectif à atteindre reste exactement le même pour tous : le même Ciel, même si une approche plus religieuse et doctrinale peut laisser croire que nous n’aurions pas le même, et qu’il faudrait choisir un camp, une religion, comme on choisit un parti politique, avec un entérinement des antagonismes… que l’on cherche justement à dépasser spirituellement. Toutefois, le plus important est de trouver une tradition qui nous convienne et dans laquelle on se sent bien, avec laquelle on a des affinités électives (que l’on ait grandi dedans ou non), et c’est justement là l’intérêt d’avoir plusieurs façons de cheminer, pour que chacun puisse y trouver la sienne : c’est alors que l’on peut commencer réellement un entraînement spirituel profond. C’est la raison pour laquelle l’Abbé/Évêque Johnson décida d’offrir en 2019 à celles et ceux qui ont faim et soif spirituellement un cycle complet de transmission de 3 ans en Mysticisme Chrétien, devant donc déboucher sur la prêtrise (dans la lignée gnostique), puis en 2022, un autre cycle complet de transmission de 3 ans en Mysticisme Bouddhiste, débouchant lui aussi sur une ordination en tant que Lama (dans la lignée Nyingma).

Aujourd’hui, le Pr. Johnson poursuit encore un peu son enseignement… mais espère bien pouvoir prendre sa retraite bientôt ! Autour de lui se trouvent ses principaux disciples seniors, ceux à qui il “passe le flambeau” pour continuer la diffusion de l’enseignement qu’il a initiée, tant dans le domaine du Qìgōng médical et martial (DCEM), que dans le Mysticisme (par ordre alphabétique : Bouddhiste, Chrétien et Taoïste). Et voici, ci-dessous, une photo de 2023 de l’équipe du Pr. Johnson au grand complet (à l’exception de sa femme, Dr. Erika) : Anshu et son mari Shīfu Singh, Shīfu/Dr./Abbé Will (Responsable pour le Mysticisme Taoïste), Shīfu/Dr./Pr./Abbé/Évêque Johnson, Shīfu/Dr./Abbé Diego (futur Responsable pour le Mysticisme Bouddhiste) et sa femme Dr. Christine, et Shīfu/Dr./Évêque Chris (Responsable pour le Mysticisme Chrétien) !

Pr. Jerry Alan Johnson et sa femme Erika Rosa Johnson, lors de la cérémonie des 70 ans de son mari.